15 décembre 2020 - 2 mn de lecture

Régulariser les échanges de données pour créer la confiance

Le 23 octobre dernier, Laurent Lafaye, co-CEO de Dawex, intervenait sur la “Gouvernance et régulation des données” lors d’un Colloque organisé en coopération avec le Conseil d'Etat et la Chaire Gouvernance et Régulation de l’Université Paris Dauphine-PSL. Les organisateurs viennent de rendre public la synthèse du colloque.

 

Dans son intervention, Laurent Lafaye a insisté sur l’importance de répondre à la question clé de la gouvernance et de la régulation des données en définissant l’objectif de leurs échanges. La période de pandémie que le monde entier traverse illustre cela de façon claire : les entreprises accélèrent les initiatives de coopération à l’échelle des territoires et des filières pour optimiser leurs actions et ainsi réduire l’incertitude liée au contexte actuel.

 

L’émergence du big data, de l’open data, puis l’arrivée du RGPD et le sujet des cyber-menaces sont autant de sujets qui incitent les entreprises à appréhender la data comme un enjeu qu’il convient de traiter sous l’angle du coût. Or la donnée est un actif qui a une valeur économique, susceptible de générer des revenus directs et indirects. Nombreuses sont les organisations qui souhaitent aujourd’hui déployer des moyens pour valoriser leurs données, notamment leurs données non personnelles générées par leurs activités : stocks, points de vente, usages des équipements… qui peuvent toutes contribuer à une amélioration des services et des produits des entreprises. Les initiatives internationales qui se multiplient en matière d’échange de données telles que GAIAX, JDEX, World Economic Forum, DXA, de même que l’émergence de cadres règlementaires ont pour finalité d’encourager l’accès aux données non personnelles et leur circulation.

 

Certaines filières commencent ainsi à s’organiser entre elles pour gouverner l’accès et le partage de leurs données. Des représentants du monde agricole français ont ainsi mis en commun des moyens pour créer une infrastructure d’échange de données industrielles, le Agdatahub (lire le cas client). De même, l’exemple des villes intelligentes, du fait de l’arrivée massive des objets connectés, voient les pouvoirs publics jouer un rôle clé dans l’accès et la circulation des données entre tous les acteurs, et ainsi favoriser l’activité économique et l’attractivité du territoire. Des environnements facilitant la circulation de la donnée sont nécessaires. Plus on créera des cadres de confiance, plus on sera proche de ce que font les marchés financiers : définir des règles du jeu pour tous les opérateurs.

 

Les échanges de données réalisés sur les infrastructures de circulation de la data doivent donc devenir des activités régulées, au même titre que les opérateurs des marchés financiers. Cette évolution est une nécessité pour développer une économie de la donnée qui bénéficie à tous ceux qui y prennent part. En Europe, nous assistons d’ailleurs à la réalisation de cette tendance avec la récente annonce de la Commission Européenne concernant le futur Data Governance Act, une initiative très encourageante pour la régulation des échanges de données à grande échelle.